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MUNGO POWNEY
A la recherche de la couleur intérieure



Diplômé de l’Université de Newcastle,  Mungo Powney a exposé dans diverses galeries du Royaume-Uni et, aussi, à New York, dans la galerie Edgar-Modern. Obsédé par la «lumière intérieure» et «l’harmonie émotionnelle», il s’inscrit dans la tradition des Nabis, ce mouvement post-impressionniste qui s’insurgea contre la peinture académique, de la fin du vingtième siècle jusqu’au début du vingtième. Réminiscences familiales et sentiment de bonheur lié à l’intimité, quête d’une énergie intérieure, «viscérale» constituent, pour cet artiste exigeant, des sources d’inspiration privilégiées.

Interview : Martin Edenik (2014)
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 The pink staircase (oil painting – 86 x82)
 Glory Days (oil painting – 110 x 96)
 Sink with 2 beetroot (oil painting – 86 x 82)
 The raddish growers (oil painting – 115 x 96)
 The field (oil painting – 33x31)
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 The red kitchen (oil painting – 112 x 98)
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Mungo Powney en pleine action.
Photo: Anna Powney.
Retrouver Mungo Powney in The Web:
INTERVIEW


► Martin Edenik: Bonjour, Mungo! Vous confiez, dans votre site web, que vous attachez «plus d’importance à la sensation des couleurs qu’à leur seule observation». Peut-on dire que chacune de vos peintures est une quête plus ou moins aléatoire, dans la mesure où votre travail dépend de vos sensations (qui relèvent de la subjectivité)? Est-ce la  raison pour laquelle vous dites de vos œuvres qu’elles sont «durement acquises»?

► Martin Edenik: L’expression «The Hard-won Image» (l’image durement acquise) est le titre d’un livre consacré à l’École de Londres, particulièrement à Francis Bacon et à Frank Auerbach, parmi d’autres artistes, émigrés en Angleterre. Quand un artiste va jusqu’au bout de lui-même, il y a un point, je crois, où il commence à «saigner». Normalement, c’est à partir de là que son œuvre s’oriente vers une conclusion poétique inattendue.

► Martin Edenik: Parmi les différents critères qui vous guident dans l’élaboration de vos couleurs, vous évoquez leur «puissance» et, également, «la lumière qui doit les éclairer de l’intérieur». Seriez-vous une sorte de Gauguin des Mondes Intérieurs?

► Mungo Powney: Je pense que des artistes comme Van Gogh ou Gauguin ont été capables de prendre d’énormes risques et qu’ils se sont montrés très courageux avec la couleur. Plus d’émotion et moins d’observation. Jusque-là, la plupart des artistes ajoutaient la couleur dans un cadre de tonalités prévisibles. Si Van Gogh et Gauguin ont réussi à exprimer aussi bien leur monde intérieur, je pense que le fait d’avoir osé, si l’on peut dire, «jeter leurs béquilles» les y a beaucoup aidés. En fin de compte, plus un paysage est proche du monde intérieur, plus il est riche de sens.

► Martin Edenik: Une bonne peinture, estimez-vous, «est un peu comme une batterie dans laquelle l’artiste a pris au piège un certain pouvoir». Pourriez-vous expliciter cet avis?

► Mungo Powney: J’adore les Nabis. C’est surtout, je pense, au moyen de contrastes que les artistes peuvent stocker cette énergie. Contrastes de couleurs. Richesse et pauvreté des repères dans un sujet. Les contrastes de symboles peuvent générer une force extraordinaire. J’adore le contraste entre des fruits très luxueux dans un beau saladier et la présence d’une facture dans une enveloppe de papier Kraft, ou bien la jeunesse d’une adolescente qui passe devant l’ombre d’une église. Toutes ces choses produisent une étrange énergie.
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► Martin Edenik: Parmi vos sources d’inspiration, les scènes ordinaires de la vie familiale, le sentiment d’un bonheur durable semblent les plus précieuses, les plus chères à votre cœur. Certains de vos tableaux ressemblent même à un «arrêt sur image», comme si vous aviez voulu figer pour toujours un instant idéal. Est-ce bien le cas?

► Mungo Powney: Je ne les analyse jamais vraiment. Généralement, je jette quelques mots clés sur le papier et j’ai une vague idée du sentiment qui se dégagera des couleurs. Puis je passe quelques jours en silence à me dessiner à moi-même le tableau en essayant de déterminer de quoi il s’agit, en fait, et ce qu’il y aura dedans. Mais loin de moi l’intention de représenter une vie parfaite! C’est une idée à éviter…

► Martin Edenik: Autre source d’inspiration, les paysages de Mayenne, où vous vivez avec votre épouse et vos deux enfants. Qu’aimez-vous dans cette région?

► Mungo Powney: D’une façon générale, je suis attiré par les maisons des gens âgés. Ils ont plus de couleur. Ils ont moins peur du monde… Mais surtout, il y a urgence de les peindre avant que leur monde ne disparaisse. C’est un peu comme les paysages romantiques qu’on peignait à l’époque de la révolution industrielle. Quand quelque chose est menacé, on a toujours plus envie de le peindre.

► Martin Edenik: Vous exposez actuellement à New York. Pouvez-vous nous parler de cet événement?

► Mungo Powney: J’ai fait cette année The ‘‘Affordable Art Fair with Edgar Modern’’.

► Martin Edenik: Quels sont vos projets artistiques pour les prochaines années?
 
► Mungo Powney: J’ai envie de peindre une grande ville. Un contraste encore, cette fois par rapport à la Mayenne. J’adore l’idée absurde d’essayer de peindre une grande toile dans la pluie, la nuit, avec une lampe dans un quartier difficile de la ville… Je rencontre tous les cinglés. J’adore les villes, toujours pleines d’action, de symboles… Jeunes pousses et béton…

► Martin Edenik: Sachant que notre planète est sur le point d’être détruite, quels sont les trois peintres dont vous aimeriez sauver les œuvres?

► Martin Edenik: Je suis trop optimiste pour croire une chose pareille! Mais je dirais Van Gogh. Matisse. Et Richard Diebenkorn.

► Martin Edenik: Trois choses que vous aimez? Et trois choses que vous détestez?

► Mungo Powney: Je déteste la brutalité, le snobisme et René Magritte.  J’aime le courage, l’intimité et les motos.

► Martin Edenik: Quel sera votre mot de la fin?
 
► Mungo Powney: J’aime beaucoup ces paroles d’une chanson de Leonard Cohen :  «Ta vie s’écoule à présent pour rien, j’espère que tu t’arranges pour en laisser une sorte de trace» (You’re living for nothing now, I hope you’re keeping some kind of a record). N’est-ce pas le propre de l’Art?



– The End –
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  Red barn (oil painting – 30 x25)  – © Mungo Powney
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