Statue de Vlad III, dans le parc de Tirgoviste.
Château de Bran. Situé à environ quinze kilomètres de Brasov, il date de 1382. Il est situé à la frontière qui sépare la Valachie et la Transylvanie.
Le souvenir du voïévode se perpétue de diverses manières...
Pour beaucoup de Roumains,
Vlad Tepes est un héros qui résista
à l'envahisseur ottoman.
Certes, reconnaissent-ils, il était
cruel, mais guère plus que la plupart
des princes de son temps: en France,
à la même époque, on rouait,
on écartelait, on écorchait...
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A propos de la lettre de Rothel

Cette présence de l’armée hongroise à la frontière valaque ne peut s’expliquer que par la volonté de Mathias Corvin d’intervenir – enfin – aux côtés de l’Empaleur. Mais après quelques jours de discussions où l’on tentera de s’entendre sur la stratégie à suivre, Mathias va finalement faire arrêter le voïévode, puis le faire incarcérer dans la forteresse de Buda. Quant à la Croisade contre Mehmet II, elle n’est bien sûr plus d’actualité.
Le prétexte de ce subit revirement sera la découverte, par les Saxons de Brasov, d’une lettre, dite de Rothel, datée du 7 novembre 1462. Adressée au Sultan, cette lettre aurait prouvée la trahison du voïévode. Les historiens roumains, pour la plupart, considèrent cette lettre comme un faux dont les auteurs pourraient être soit les bourgeois de Brasov, soit le roi de Hongrie en personne. On sait, en effet, que Mathias Corvin a orchestré une véritable campagne d’«information» contre Vlad IV. Des textes imprimés, accablants pour le voïévode, ont commencé de circuler à partir de 1463. Les victimes de l’Empaleur se multiplient alors, et la légende noire s’étoffe – encore – de récits difficilement vérifiables.
Selon divers historiens roumains, cette cabale pourrait s’expliquer par le souci de Mathias de justifier son inaction face aux Turcs, ainsi que le détournement de l’argent confié par le Pape Pie II au souverain hongrois pour financer une croisade.

La mort mystérieuse de l’Empaleur

L’expansion de l’empire ottoman devenant préoccupante, Mathias Corvin s’allie au voïévode de Moldavie, Étienne le Grand. L’heure de libérer Vlad Tepeș a sonné: Mathias, en effet, a besoin que la Valachie rejoigne l’Alliance. Or, après la victoire de Mehmet II sur l’Empaleur, la principauté valaque est redevenue une paisible colonie turque: sur son trône, le Sultan a placé le propre frère de Vlad, Radu le Bel, qui ne semble guère disposé à prendre les armes contre son sultanesque protecteur. Mais les événements se précipitent. Vlad épouse une sœur de Mathias Corvin, puis les Turcs déferlent, en juin 1475, sur les colonies italiennes de Crimée. En 1476, ils submergent la Moldavie et écrasent Étienne le Grand. Fort heureusement, des renforts arrivent de Hongrie. A leur tête, Étienne Báthory, prince de Transylvanie, et Vlad Tepeș, qui va remporter une victoire tellement décisive que les Turcs devront refluer.
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Désireux de récompenser l’Empaleur, Étienne le Grand et Mathias Corvin favorisent son retour à la tête de la principauté valaque. Le 26 novembre 1476, Vlad III Tepeș occupe de nouveau le trône. Mais l’hostilité qu’il suscite est générale. Ses ennemis sont nombreux et puissants: Mehmet II aurait mis sa tête à prix, et une partie des boyards ne lui pardonnent pas les massacres d’autrefois. Conscient de l’aversion qu’il inspire, l’Empaleur a laissé sa seconde épouse et ses enfants en Transylvanie, et a même obtenu d’Étienne le Grand une garde de deux cents soldats moldaves. C’est dire sa confiance en ses sujets...

En dépit de ses précautions, le tyran des Carpates va être assassiné dans le courant de janvier 1477. On s’est perdu en conjectures sur les circonstances de sa mort, qui restent mystérieuses. Selon une version, Vlad aurait péri devant les murs de Bucarest, au cours d’un combat avec son frère Radu. Selon une autre, des tueurs envoyés par Mehmet II l’auraient décapité pour rapporter sa tête au Sultan...

Le lieu même de sa sépulture reste incertain. La plupart des historiens considèrent cependant que l’Empaleur aurait été inhumé dans la chapelle du monastère de Snagov, à proximité de Bucarest, là où l’on aurait retrouvé son corps sans tête. Quoi qu’il en soit, le voïévode aura eu infiniment plus de chance que ces milliers de malheureux qu’il fit périr dans d’atroces tourments. Sa mort aura été rapide.


– THE END –


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Bibliographie/Webographie


► Les Métamorphoses de Dracula, Denis Buican (Éditions du Félin).

► Le Musée des Vampires, Roland Villeneuve, Jean-Louis Degaudenzi (Henri-Veyrier).

► Sang pour sang, le réveil des vampires, Jean Marigny (Découvertes Gallimard).

► A la recherche de Dracula, Raymond McNally, Radu Florescu (Robert-Laffont).

► Histoire des Roumains, Catherine Durandin (Fayard).

► Histoire de la Transylvanie, B. Köpeczi (Akadémiai Kiado, Budapest).

► Wikipedia : L’un des très bons dossiers du Web.

Le Journal international.

Faire une visite virtuelle du château de Bran.